La
FIV (fécondation in vitro) est une méthode qui permet de réaliser la fécondation à l’extérieur du corps humain en réunissant en laboratoire les
ovocytes de la femme et les
spermatozoïdes de l’homme. Les ovocytes fécondés qui en résultent (embryons) sont ensuite replacés dans l’utérus de la femme.
Le déroulement d’un cycle FIV comporte plusieurs étapes :
La stimulation ovarienne
Les ovocytes se développent à l’intérieur de l’ovaire, dans les follicules. Dans le cycle menstruel naturel, plusieurs follicules entrent en croissance dès le début des règles. Seuls un ou deux de ces follicules arriveront à maturité environ 2 semaines plus tard et seront libérés lors de la rupture folliculaire (ovulation). Les follicules qui ne sont pas arrivés à maturité s’arrêtent de grandir et dégénèrent. Ainsi, très peu d’ovocytes atteignent le stade ultime de l’ovulation dans la vie d’une femme.
Le but de la stimulation ovarienne en FIV est d’empêcher la dégénérescence de ces follicules en les exposant à une dose suffisante de FSH. En administrant de la FSH sous forme d’injection, on obtient des taux circulants plus élevés qui favorisent le développement de follicules multiples et la maturation de plusieurs ovocytes. Cette multiplication du recrutement folliculaire, appelée aussi hyperstimulation ovarienne contrôlée, améliore les chances de succès de la FIV en augmentant le nombre d’embryons disponibles (En savoir plus)
Le déclenchement de l’ovulation
Quand les follicules ont atteint la taille désirée et que les taux d’estrogènes sont suffisants, la phase finale de maturation des ovocytes est induite par une injection d’hCG (Choriomon®, Ovitrelle®, Pregnyl®). La ponction folliculaire (recueil des ovocytes) est programmée environ 35 heures après l’injection.
La ponction folliculaire
La ponction folliculaire pour le recueil des ovocytes s’effectue à la Clinique Générale-Beaulieu. Sous anesthésie générale légère, une sonde d’échographie munie d’un guide est introduite dans le vagin et les follicules sont identifiés. Une aiguille fine est introduite à travers le guide dans la paroi vaginale puis l’ovaire, et les follicules sont ponctionnés un à un. Le liquide folliculaire contenant l’ovocyte est aspiré et collecté dans un tube. L’intervention est de courte durée (15-20 minutes). Pendant l’intervention, les tubes contenant le liquide folliculaire sont conservé à la température corporelle, dans un incubateur. Ils sont ensuite immédiatement acheminés au laboratoire où le biologiste détermine le nombre d’ovocytes récoltés. Après stimulation ovarienne, on récupère en moyenne 8 à 10 ovocytes. La patiente est ensuite transférée dans une chambre où le résultat de la ponction lui sera communiqué dans l’heure qui suit. Après 3 à 4 heures d’observation, elle peut rentrer à la maison.
Le recueil et la préparation du sperme
Le jour de la ponction ovocytaire, le conjoint prélève par masturbation un échantillon de sperme, qui sera utilisé pour la fécondation.
Le Centre PMA de la Clinique Générale-Beaulieu dispose des lieux appropriés, discrets et confortables, pour ce type de prélèvement. Cette étape, bien que simple, peut être la cause d’un stress assez important et compréhensible.
En cas de difficulté importante de prélèvement, il est possible d’organiser à l’avance, une cryoconservation du sperme, qui pourra être utilisé pour la fécondation.
Dans les cas où le sperme a été prélevé chirurgicalement au niveau du testicule ou des canaux excréteurs avant le cycle de traitement, c’est généralement le sperme cryoconservé qui sera utilisé.
Quelle que soit son origine, le sperme est analysé et préparé de la même manière. Le plasma séminal qui limite le pouvoir fécondant du sperme est éliminé et les spermatozoïdes les plus mobiles, qui sont à priori les plus fécondants, sont sélectionnés.
L’insémination des ovocytes est ensuite réalisée. Selon le type d’infécondité, la fécondation est laissée au hasard (FIV) ou au contraire dirigée (ICSI).
La fécondation
Il existe deux méthodes pour féconder les ovules : la fécondation in vitro « classique » (FIV) et l’injection intra-cytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI).
La FIV est utilisée quant l’infertilité est d’origine féminine et la qualité du sperme est normale ou peu altérée. Quelques heures après la ponction folliculaire, les ovocytes sont réunis avec les spermatozoïdes dans un milieu de culture favorable à leur survie. Ils sont placés à 37ºC pendant une période de 4 à 20 heures. Seul un spermatozoïde le plus actif franchira la zone pellucide et la membrane plasmique de l’ovule et réalisera la fécondation.
Au bout de 18-20 heures d’incubation, le biologiste regarde au microscope si la fécondation a bien eu lieu. L’ovocyte fécondé (ou « imprégné ») se présente sous l’aspect d’une cellule à deux noyaux (pronuclei), l’un d’origine paternelle, l’autre d’origine maternelle. Ce stade est appelé zygote.
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Zygote présentant les 2 pronucléi dans son cytoplasme (flèches)
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Le zygote n’est pas encore un embryon car les patrimoines génétiques paternels et maternels n’ont pas encore fusionnés.
A ce stade, le biologiste garde pour le transfert 2 ou 3 zygotes. Les zygotes surnuméraires sont congelés (cryoconservés) et pourront être utilisés lors d’une prochaine tentative.
On observe parfois des anomalies de fécondation qui rendent impossible le transfert ou la congélation ce ces zygotes.
Le développement et le transfert des embryons
Deux à trois jours après le recueil des ovocytes, les embryons sont transférés dans l’utérus. Au 2e jour, les embryons se sont divisés en 2 à 4 cellules, au 3e jour, ils ont atteint le stade de 6 à 8 cellules.
Le transfert est un procédé indolore. Les embryons sont placés dans un fin cathéter souple. Après avoir exposé le col à l’aide d’un spéculum, le médecin introduit délicatement le cathéter jusque dans la cavité utérine. Dans certains cas, le transfert est réalisé sous contrôle échographique afin de guider la mise en place du cathéter à l’intérieur de l’utérus et de s’assurer que les embryons ont été déposés au bon endroit.
Deux ou trois embryons sont le plus souvent transférés. Le nombre d’embryons est décidé après discussion avec le médecin, en fonction de l’âge de la femme et du choix du couple. En Suisse, la loi n’autorise pas le transfert de plus de 3 embryons à la fois.
Environ 12 jours après le transfert, un test de grossesse effectué sur une prise de sang permettra de connaître l’issue du traitement. Si le test est positif, une échographie sera programmée environ 4 semaines après le transfert pour vérifier la bonne évolution de la grossesse.
La cryoconservation des zygotes surnuméraires
Il n’est pas rare que l’on obtienne plus de zygotes que le nombre souhaité pour le transfert. Les zygotes surnuméraires peuvent être conservés à très basse température, dans de l’azote liquide (congélation ou cryoconservation).
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Paillette de congélation des zygotes avec son jonc d'identification
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Le but de la cryoconservation des zygotes est de donner au couple les meilleures chances d’obtenir une grossesse, tout en limitant la survenue d’une grossesse multiple et ses éventuelles complications. Les zygotes peuvent en effet être décongelés et transférés ultérieurement s’il n’y a pas eu de grossesse au premier cycle. Dans ce cas, les étapes de la stimulation ovarienne et de la ponction folliculaire n’ont pas besoin d’être répétées.